Louise Desbrusses

août/sept et novembre 2019

Louise Desbrusses se déploie depuis quelques décennies dans (et autour d’)un corps doté de muscles, d’os, de tendons, de veines, d’artères, d’organes et autres, en un point (toujours) changeant de l’espace-temps depuis lequel elle extrait et organise mots et mouvements sous une forme ou une autre, voire plusieurs combinées (ou pas). Le concept de flèche du temps permet de classer les dites formes par ordre (plus ou moins) chronologique.


Deux romans, L’argent, l’urgence (2006) et Couronnes Boucliers Armures (2007) sont publiés chez P.O.L ; une pièce radiophonique, Toute tentative d’autobiographie serait vaine commande de France culture est diffusée en 2008 puis publiée chez Lansman Editeur (Bruxelles) ; des poésies et autres textes courts paraissent en revues et/ou dans des anthologies.


Trois essais intitulés du corps (&) de l’écrit (2009-2010) écrits à l’invitation de la revue Inculte, interrogent l’invisible performance physique de l’écrivain dont le texte est la trace. Ces questions conduisent perceptiblement l’auteure vers des performances d’une nature plus visible, plus audible, quand le corps de l’écrivain lui-même fait partie intégrante du texte (ou de son absence) au point que les séparer devienne difficile. Voire impossible parfois. En tout cas problématique, souvent.


Après Réel est Dieu (2010) Galerie des filles du Calvaire, Paris, c’est la série des lectures improvisées de Le cœur rectifié en trio avec Ralf Haarmann et Christiane Hommelsheim à Berlin & Bruxelles (2010-2012). En 2012, Louise Desbrusses adapte et danse I think not, chorégraphie de Deborah Hay (Festival Concordan(s)es - Bagnolet). En 2013, elle créée Le corps est-il soluble dans l’écrit ? dans le cadre du Cabaret de curiosités #10 du phénix-scène nationale de Valenciennes.

La manière d’écrire de Louise Desbrusses, incisive, précise et en même temps riche d’allusions et de sous-entendus qui irrésistiblement évoquent et fouillent pour son lecteur des situations quasiment archétypales (le couple dans L’Argent, l’urgence, l’oppression familiale dans Couronnes, boucliers, armures) montre encore une fois non seulement son originalité mais aussi sa redoutable efficacité : on suit avec angoisse la description d’un enfer psychologique et social qui n’est pas sans évoquer des expériences communes, puis avec bonheur la libération d’une des victimes de cet enfer. Et cela avec un humour tout entier fait d’une très belle intelligence des rapports humains, de force comme psychologiques.

 

 

En savoir plus sur cet ouvrage, à feuilleter ici sur le site des éditions P.O.L (et en vidéo : lecture par l'auteur et Violaine Schwartz à l'atelier du Plateau) 

 

 

Ses travaux poétiques et typographiques ...

... et des liens pour aller plus loin